Que pensez-vous du texte gouvernemental sur la transparence financière de la vie politique ?

 

Si ce texte n’était pas la conséquence directe de la détestable affaire Cahuzac, les écologistes pourraient dire qu’ils se réjouissent… Car cela fait des années que nous portons dans le débat ces questions trop souvent occultées et qui nourrissent le feuilleton des affaires : la transparence sur la situation personnelle des élus, la lutte contre les conflits d’intérêts et l’influence de lobbies, la nécessité de sanctions réellement dissuasives qui disqualifient les fraudeurs, la clarification du financement des partis… Nous avions déposé et défendu une proposition de loi en 2011, rejetée par la majorité UMP d’alors. Nous avons redéposé une proposition en avril dernier, pour fournir une « boîte à outils législative » sur ces sujets. Enfin, l’Assemblée nationale est saisie de ces questions pour leur apporter des réponses !

 

Le texte est-il à la hauteur des enjeux ?

 

Le texte gouvernemental était améliorable, mais il faut reconnaître qu’il faisait preuve d’audace. Le président de la République avait pris des engagements forts devant les Français. L’ensemble du gouvernement avait donné l’exemple avec la publicité des déclarations de patrimoines faites lors de l’entrée en fonction des ministres. Bref, les choses allaient dans le bon sens. Et en commission, nous avons réussi à faire adopter des amendements essentiels sur le financement des partis, notamment celui qui s’attaque enfin aux micropartis croupions. C’est dire que la contre offensive sur la question des patrimoines menée par une partie du groupe socialiste sous le regard mi-amusé mi-soulagé de la droite est réellement déplorable. Elle a produit ses fruits, si j’ose dire : sur le terrain, les citoyens expriment une colère légitime. Nous avons bien l’intention de mettre à profit le débat en séance pour remettre ces questions sur la table…

 

Qu’attendez-vous des débats législatifs ?

 

Des améliorations techniques, des précisions, et des compléments – notamment sur la question des collaborateurs parlementaires ou sur les lobbies. Mais pas seulement. Le sens de mon intervention en discussion générale, c’était, au lendemain de la législative de Villeneuve-sur-Lot, d’appeler la majorité à se reprendre, et à un sursaut éthique.

Parce qu’il serait tout de même incroyable que ce texte, qui constitue une vraie avancée démocratique, soit assimilé à un recul ! En période de crise, nous ne pouvons pas nous permettre de traiter à la légère ces questions : c’est la défiance et le doute citoyens qui constituent les menaces les plus mortifères pour la démocratie.